Entre les nuits talismaniques et le bateau ivre,
Il existe une île de la destinée
Prête à recueillir les épaves déambulatoires.
Armés des haillons d'amour
arrachés aux barbelés des cités
le vent les figent sur place.
Elles se dressent en herses aigües
Où s'accrochent des mains désespérées
Abandonnés par des corps fugitifs
Le vent acide lave les roches
Jusqu'à leurs racines dénudées
D'où renaissent les arbres torturés
Alors la vie des aurores humides
S'empare de leurs ombres fades
Et les transforme en pousses vives
Au soleil du matin
Des vibrations statiques figent les couleurs
En lambeaux de gaze oubliée
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Les sillons gelés crissent de lumière
Aux éclats plats
Perdus par l'acier de passageLes reflets glissent leurs mains habiles
Dans les entrailles de glaise
Et broient du feu en poudre illisible
Les microns en graine de blé
Se nourrissent de l'argent des cendres
Et repus, rèvent d'une moisson folle
Au vent de la démesure
L'herbe en foule pique le ciel
Et attend de la pluie une ivresse aveugle
La nuée déchirée
Laisse sa toile accrochée
Aux portiques de l'infini
Seul, le corbeau traverse l'existence
Et pose du noir luisant
Sur la plaine gelée
L'œil prend ça
Le dissout en fréquences graves.
L'homme est là.
IVRESSE - Jielef Janvier 2006 |